La charte

Le sens du pèlerinage

Le pèlerinage chrétien symbolise la marche du peuple de Dieu vers lui. Dans la tradition chrétienne le pèlerinage a toujours eu le sens d’un ressourcement dans la foi et dans la conscience qu’on n’est pas chrétien tout seul mais en église, d’une démarche de conversion personnelle et collective, d’un temps de prière et de dépouillement, d’une vie fraternelle. Cette démarche s’appuie sur un approfondissement et une mise en pratique de l’Evangile.

Tout pèlerinage est rencontre des autres, témoignage d’une démarche de foi dans le Christ, recherche et signe d’une communion entre les communautés et les Eglises.

Le pèlerinage a pour but de permettre à des hommes et des femmes de partir à la recherche de Dieu et de répondre à l’appel intérieur de Celui qui les inquiète et leur manque : le pèlerin est un mendiant de Dieu. Il accepte de recevoir sans avoir la possibilité de rendre.

Marie, la première en chemin, celle qui nous dit « faites tout ce qu’il vous dira » aide les pèlerins à aller vers Jésus dans la modestie des gestes quotidiens.

La démarche spirituelle des « Chemins de saint Gilles »

C’est partir de chez soi, quitter quelques semaines son confort habituel et, avec un minimum de bagages, marcher dans la nature, mais aussi vivre ensemble avec un groupe, partager et rencontrer…

C’est donc davantage un temps d’approfondissement et de mise en pratique de sa foi et de l’Évangile, que la multiplication des pratiques religieuses.

Pour certains il est le prolongement et l’épanouissement de la vie ecclésiale, pour d’autres il est le lien, le dernier qui subsiste ou le premier qui se crée, avec l’Église. Il s’efforce donc de promouvoir, en même temps que la conversion personnelle, un sens de la responsabilité de chacun dans le peuple qui constitue l’Église.

C’est mettre ses pas dans ceux des anciens pèlerins, dans la même démarche ; celle d’une Histoire humaine et spirituelle…

C’est partir ailleurs pour revenir autre… c’est revenir conscient des dépendances dont on voudrait se débarrasser et des questions qui tracassent ; c’est vouloir changer quelque chose dans la vie, être en recherche de quelque chose ou de quelqu’Un, vouloir être plus authentique.

Tous les pèlerins ne partent pas pour approfondir leur foi mais tous peuvent prendre la route dans un état d’attente et d’abandon. Les « Chemins de saint Gilles » veulent être ouverts à tous ceux qui sont en recherche, sans étiquette préalable, mais qui veulent aller au-delà de la marche elle-même et acceptent d’échanger, et de respecter les propositions qui sont faites dans le groupe.

Cette recherche se réalise au cours d’une marche. L’expérience de la fatigue partagée, de la gratuité de l’effort, et de l’inconfort volontairement accepté invite à la conversion du cœur. Marcher c’est prier « avec ses pieds » ; le fait même de marcher, répétitif, vide l’esprit et rend plus disponible à la présence de Dieu.

Cette recherche se réalise au cours d’une marche vers saint Gilles. La personne de saint Gilles est un témoin exemplaire de la foi : il a fui sa propre gloire pour s’abandonner totalement à Dieu et invite aujourd’hui chaque pèlerin à se déposséder. En outre l’exemple de « saint à la biche » réveille en nous une capacité d’émerveillement devant la nature, pour y trouver aussi des leçons de patience et de sérénité.

Cette recherche se réalise au cours d’une marche vers Saint-Gilles-du-Gard.
L’histoire du pèlerinage vers le tombeau de saint Gilles nous invite, à la suite des pèlerins du Moyen-Âge, à aller vers Dieu. Son tombeau fut vénéré depuis le début du Moyen-âge, où Saint-Gilles était un pèlerinage majeur ; beaucoup d’églises en Europe portent son nom. Le tombeau de pierre fut redécouvert au 19 ème siècle, et le pèlerinage remis à l’honneur après 1965 à l’initiative de Marcel Girault.

Depuis lors l’Association des « Chemins de saint Gilles » est reliée à l’Église diocésaine de Nîmes et reconnue par elle. Les Routes se retrouvent à l’arrivée et sont reçues à Saint-Gilles par l’Évêque et la communauté réunie.

La vie spirituelle sur les « Chemins de saint Gilles »

Chaque groupe a un responsable qui veille à l’animation spirituelle. Il suscite la prise en charge par chacun des pèlerins de la vie spirituelle du groupe. S’il y a un prêtre, un diacre ou une religieuse ils mettent leurs compétences au service du groupe pour aider à cette animation.

La journée du pèlerin comporte des temps de prière, de méditation et de silence, des temps de célébration et des temps de partage et d’amitié. Les moments choisis doivent répondre à la vie et aux besoins du groupe. Le « chant du pèlerin et la médaille remise à chaque nouveau pèlerin sont communs à tous. Le livre du pèlerin est l’Évangile ; Jésus s’y révèle Chemin, Vérité et Vie.

Les pèlerins partagent avec les communautés et Églises rencontrées en chemin, font halte dans des lieux de prière, et prennent le temps d’écouter leurs hôtes ; ils se chargent des intentions que ceux-ci leur confient. Conscients aussi qu’ils ne représentent pas qu’eux-mêmes mais l’ensemble des pèlerins, ils veillent à la qualité de leur témoignage et de leur comportement.

Saint Gilles n’est pas le terme du pèlerinage : les pèlerins s’efforcent de rester en marche après la Route, d’approfondir leur recherche, pour mettre en œuvre les valeurs retrouvées et trouver leur place là où Dieu les attend ; les activités de l’Association peuvent les y aider.

La vie quotidienne sur les « Chemins de saint Gilles »

La démarche n’est pas sans conséquence sur l’organisation des étapes, l’encadrement et l’animation, le rythme des journées, le style de vie des groupes, les relations qui peuvent s’établir avec les communautés rencontrées.

Le pèlerinage est un temps pour « vivre en amitié avec son corps » ; il doit être respecté dans ses rythmes et dans ses besoins, grâce à une nourriture saine et équilibrée, grâce à un exercice physique adapté, grâce à des temps repos suffisants. Il s’agit d’une marche à la portée de toute personne bien chaussée et ayant une santé nécessaire à la vie active habituelle. Les étapes quotidiennes sont de 20 à 25 kilomètres. Le chemin se fait de préférence par des sentiers, d’anciens chemins et le moins possible sur le goudron.

Chaque groupe rassemble de quinze à vingt personnes, si possible des anciens et des nouveaux pèlerins. Les enfants, jugés par leur parents capables de ce mode de vie et de cet effort, seront accompagnés. Le pèlerinage dure de une à trois semaines suivant le point de départ. On l’accomplit en entier.

Le pèlerinage se fait avec peu de bagages et en donnant la préférence aux logements d’un confort très relatif (gîtes d’étape, salles communales ou paroissiales). Chaque groupe est accompagné par un véhicule conduit à tour de rôle par les pèlerins qui le peuvent, et qui porte les bagages et assure l’intendance. Des groupes plus restreints accomplissent un chemin « sac à dos », sans véhicule d’accompagnement ; cette expérience est plus exigeante et dure au maximum 15 jours.

La vie de groupe est importante : on y insistera sur le respect de l’autre, l’entraide et le partage amical et spirituel. On y insistera aussi sur l’écoute : c’est un temps où on se confie en vérité, où on dévoile ses fragilités, où on apprend des autres. Chacun doit se sentir responsable des autres et du groupe. Chacun participe aux tâches domestiques.

Chaque groupe est autonome. Il comprend pour sa bonne marche :
un responsable de la route qui veille à la place et au rôle de chacun et est le garant devant l’association du respect de l’esprit des « Chemins de saint Gilles » ici exprimé. Il est le référent du groupe par rapport aux personnes extérieures. Il veille à l’organisation de l’intendance et des gîtes.
un guide qui prépare et dirige les étapes ; il veille au bon déroulement de la marche.
un responsable de l’animation spirituelle.

Rédigée par le conseil d’administration de l’Association
Approuvée par Monseigneur Robert Wattebled, évêque de Nîmes le 26 août 2006